Quatre-vingt-trois ans de mariage : ce n’est pas un bug dans les registres, mais une réalité validée à l’échelle mondiale. L’union d’Eleanor et Lyle Gittens pulvérise tous les repères habituels, et met à nu la persévérance de certains couples face au temps, à l’histoire et à la vie.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes et dévoilent toute l’ampleur de ces parcours extraordinaires. Eleanor et Lyle Gittens, unis depuis le 4 juin 1942, affichent un record de longévité conjugale difficile à imaginer : 83 années partagées, en 2025. Ce n’est pas une simple rumeur, mais un fait soigneusement examiné par des organismes spécialisés. Les vérifications sont scrupuleuses, chaque détail administratif doit être irréprochable. Les dossiers se dénouent uniquement une fois toutes les preuves validées.
Cela dit, derrière chaque record, d’autres histoires méritent d’être racontées. Avant les Gittens, c’était Manoel Angelim Dino et Maria de Sousa Dino qui trônaient au sommet. Leur union, tout aussi impressionnante, a été reconnue selon des exigences strictes. C’est ce qui distingue les dossiers officiellement validés :
- Le mariage doit être validé, enregistré et daté dans les règles
- Les preuves administratives doivent exister sur la durée
- La moindre séparation officielle, même très brève, ferme la porte à l’homologation
Ce protocole laisse sur le bord du chemin quantité de couples aux destinées pourtant saisissantes, simplement parce qu’il leur manque les bons papiers. Mais le sujet fascine bien au-delà des seuls registres. Les chercheurs, les démographes ou les passionnés s’y retrouvent : ces histoires traversent les guerres, les migrations, les grands bouleversements sociaux. Officiellement validé ou non, un amour aussi inusable force le respect. Dans de nombreux pays ou communautés, ces héros du quotidien impressionnent tout autant, loin des projecteurs et des statistiques.
Quels sont les couples mariés les plus longtemps enregistrés dans l’histoire ?
À ce jour, Eleanor et Lyle Gittens sont les nouveaux visages du record à l’échelle internationale. Leur mariage, scellé un premier mercredi de juin 1942, marque 83 bougies en 2025. Eleanor, sage universitaire de 107 ans, et Lyle, ex-fonctionnaire municipal de 108 ans, ont traversé une époque faite de bouleversements. Ils ont connu la guerre, plusieurs déménagements à travers les États-Unis, la joie d’élever trois enfants. Leur union s’est métamorphosée au fil des décennies, portée par la fidélité, l’humour et la routine des jours ordinaires.
Avant d’atteindre ce sommet, Manoel Angelim Dino et Maria de Sousa Dino avaient fait figure de pionniers des records, avec plus de 80 années côte à côte,jusqu’au décès de Manoel à l’âge de 106 ans. Maria a, elle aussi, franchi la barre des cent deux années de vie. Le passage de relais d’un couple à l’autre rappelle la rareté absolue de ces trajectoires.
Dépasser les 80 ans de mariage reste un événement rarissime à l’échelle mondiale. Seuls quelques dossiers, vérifiés de façon minutieuse et étayés par une montagne de preuves, parviennent à figurer dans ce cercle quasi mythique. À chaque anniversaire, la durée accumulée donne du relief à ces unions et les propulse au rang de jalons, peu importe le pays ou la culture.
Anecdotes et secrets de couples centenaires : récits inspirants
Partager plus de huit décennies au sein du même foyer, cela veut dire affronter ensemble l’histoire avec un grand H et celle, plus discrète, du quotidien. Les Gittens, doyens du mariage mondial, se sont promis fidélité à Bradenton et ont ensuite posé leurs valises à New York puis à Miami. Trois enfants nés au rythme des mutations, des carrières professionnelles, des retrouvailles familiales… rien ne leur a été épargné. Aujourd’hui, leur cumul d’âge atteint 216 ans, un chiffre à peine croyable.
Interrogée sur le secret de leur longévité, Eleanor ne s’embarrasse pas de théories : « Nous nous aimons. » Pas de formule magique, pas de règle préfabriquée. Une dose de concessions, du rire au quotidien, des projets à deux, voilà tout. Ils aiment repenser à leur voyage en Guadeloupe pour un congrès, à la période de la guerre, Eleanor enceinte à New York, Lyle envoyé sur le front en Italie. Chacun de ces souvenirs façonne un socle commun, tissé d’épreuves et de joies partagées.
La force de leur couple se lit jusque dans les détails : un portrait sépia trône dans le salon, des lettres échangées durant la Seconde Guerre mondiale, des anniversaires de mariage systématiquement entourés de la famille. Ici, la stabilité se nourrit de complicité, de transmission, de la fidélité à un engagement pris il y a plus de 80 ans. Les Gittens incarnent cette ténacité paisible, cette capacité à traverser le temps sans jamais lâcher prise.
L’influence des traditions et de la société sur la durée des unions
La longévité d’un couple ne doit rien au hasard. Elle prend racine au cœur d’un collectif. Pour la génération des Gittens, la famille, le voisinage, la pression des usages tissaient un filet solide autour de l’union. Les séparations restaient marginales. Les traditions familiales poussaient à surmonter la fatigue, à miser sur la durée. Célébrations, photos, entraide au sein du quartier : tout concourait à tenir la promesse conjugale.
Le décor du mariage a grandement changé. Les divorces deviennent plus fréquents, les modèles se multiplient. Un simple passage devant un officier à Las Vegas n’a rien de commun avec les rituels ancrés d’autrefois. La recherche du bonheur individuel pèse parfois autant que l’héritage social, et la honte n’est plus un frein majeur à la séparation.
Le phénomène se retrouve à tous les niveaux : de l’Europe occidentale aux États-Unis, en passant par des sociétés en mutation, chaque pays trace sa propre voie. Les Gittens, nés avant la Seconde Guerre mondiale, démontrent ce que signifiait s’engager à l’époque : une loyauté inébranlable portée par un contrat social aussi fort que l’attachement amoureux. Ce qui se transmettait naturellement autrefois se discute, s’interroge, se reformule aujourd’hui.
L’histoire d’un couple traversant le siècle attire le regard parce qu’elle devient rare. Elle rappelle qu’à l’heure où tout va vite, un duo qui s’ancre dans la durée impose le silence et force l’admiration. La fidélité, parfois, résiste à l’épreuve de toutes les époques.



